Je pense ou je subis

Le blog d'un citoyen attentif

On ne vote pas comme on choisit un paquet de lessive !

mars19

Et voila, c’est reparti. A l’approche du second tour, toutes les méthodes sont bonnes pour inciter les abstentionnistes à franchir le pas comme cette campagne relayée par Guy Birenbaum sur son tout nouveau blog (que je conseille au passage). Parce que vous comprenez, « L’abstentionnisme est un fléau« . Si certains tentent bien de comprendre ou d’expliquer cette tendance, je ne vois pas grand monde s’interroger sur le 2ème effet Kiss Cool de leur appel au vote.

C’est jeudi dernier que cette réflexion a commencé à mûrir dans ma tête. Même si je savais déjà pour qui j’allais voter, j’étais curieux de me rendre à la rencontre publique de Laurent Hénart à Metz. Je comptais aller aussi à celle de Jean-Pierre Masseret le lendemain, j’ai très vite changé d’avis suite à cette expérience.

Récit d’une soirée qui m’a mis mal à l’aise

Je commençais à désespérer, oui parce que le quart d’heure académique là bas n’était pas de 15 minutes mais de 40. Soudain, la musique change, la foule se lève, applaudit, scande le prénom « Laurent ». Un choix judicieux cette salle Braun de Metz. Il s’agit bien ici d’un spectacle : la musique a fait place à la politique, les ados boutonneux aux pro-UMP, Johnny Hallyday à Laurent Hénart.

Face à la foule en délire, l’équipe de Laurent Hénart passe à tour de rôle. Chacun prend le micro pour jouer la composition qu’il a rédigée avec plus ou mieux de talent. Les refrains ont été remplacés par des slogans, des phrases choc.

Des slogans lobotomisants…

En ce lieu, nulle pédagogie. Le temps manque donc il est uniquement question de dire à la foule rassemblée ce qu’elle devra faire, dire et répéter autour d’elle. Oh, pas un long discours, des phrases choc. Qu’elles soient justes ou bancales n’a que peu d’importance, personne dans l’audience n’ira vérifier ce qui est dit, car ce qui est dit est parole d’évangile.

Vous n’avez pas suivi la campagne ? Alors voter n’est pas une évidence !

Toutes ces personnes qui claironnent à tout va l’importance d’aller voter ne veulent pas voir la réalité en face ! Si la démarche consiste à donner quelques slogans qui relèvent plus du marketing que de la politique, alors, je préfère encore que ces cibles votent blanc. Oui, parce que la politique ne doit pas être prise à la légère, il faut s’y intéresser, passer du temps à lire, à écouter les débats (plutôt que ces réunions publiques propagandistes). Oui, le choix lors d’un vote ne doit pas se réduire au choix que l’on ferait d’un paquet de lessive en fonction des publicités qui nous submergent.

Une partie de la solution

Bien sûr, nous ne changerons pas les choses du jour au lendemain. Mais dans un contexte où la tendance est plutôt à donner les outils aux citoyens de demain pour qu’ils aient un esprit critique (démarche scientifique à l’école, compétences TIC, recherche documentaire, validation de l’information, etc.), il est navrant de voir combien la politique est en retard. En incitant nos proches à aller voter à coup de slogan, en quoi leur donnons-nous envie de s’intéresser à la politique ? Lorsque nous n’arrivons pas à admettre à une personne d’un autre parti politique les points de désaccord que nous avons avec le nôtre, comment pouvons-nous être crédible ? La pédagogie amène à l’auto-critique car en expliquant, de façon argumentée et non dogmatique son opinion, on permet à l’autre de l’analyser, de la critiquer de façon constructive. On s’enrichit mutuellement.

Et dans l’urgence du 2ème tour

Si vous n’avez pas encore pris le temps de regarder de plus près les candidats aux régionales, consultez les débats. Ils seront probablement disponible sur le site internet de France 3. Pour la Lorraine, une petite heure sera suffisante pour visionner le débat disponible en ligne ici, sur le site officiel de France 3 (le débat en tant que tel, commence vers la 3ème minute de la vidéo). Ici, la confrontation s’est faite de manière respectueuse, pas de ton méprisant comme j’ai pu l’entendre jeudi dernier. Cela n’a pas empêché le débat, admirablement mené par le journaliste Dominique Duforest, de permettre aux trois candidats d’expliquer leurs divergences (curieusement peu nombreuses d’ailleurs). Il est donc encore temps de vous informer pour ce vote soit bien le votre.

Votez donc, mais non sans savoir pour qui et pourquoi.

NB : aux pro-UMP qui auraient pu se perdre sur cette page, vous l’aurez compris, si je ne me suis pas rendu à la rencontre publique de Jean-Pierre Masseret vendredi, c’est justement parce que le problème que je soulève dans ce billet est général et non lié uniquement à l’UMP.

http://www.france3.fr/STATIC/video/index-fr.php?titre=Le%20d%E9bat%20de%20l%27entre-deux%20tours%20PS-UMP-FN&url=mms://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/regions/lca/infos/videoslorraine/regionales2010lorraine/4B966_debat_triangulaire_lorraine_180310.wmv&section=regions_lca&rubrique=video

Le problème n’est pas d’aller ou non voter !

mars14

Et voila, une fois de plus avec les élections régionales, les traditionnels refrains usés se refont entendre : « Il faut aller voter ! Des gens sont morts pour que nous ayons ce droit ! »1 ou encore « Il faut aller voter ! Tous les pays n’ont pas cette chance ! ».

En voila un bel exemple de malhonnêteté intellectuelle. Qui peut oser prétendre qu’il va voter pour ceux qui se sont battus pour ce droits ? Ceux qui l’affirment, ceux-là m’interpellent autant que les abstentionnistes.

Afin d’éviter que l’on me fasse de faux procès, je précise de suite : je vote, j’estime que chacun devrait faire cette démarche. Mais inciter les autres à le faire pour des raisons purement historiques visant à les culpabiliser ne résoudra en rien le problème. Pire, la psychologie montre que forcer aboutit en général à l’effet inverse : la résistance.

Le vote blanc

On ne vote pas pour défendre le droit acquis, on vote pour exprimer une opinion, on vote pour user de son poids dans les choix de société. C’est en affirmant cette évidence que l’on découvre alors le vrai problème. Discutez avec les gens autour de vous qui ne votent pas ou plus. Vous entendrez alors les mêmes leitmotiv : « de toute façon, les politiques sont tous les mêmes« , « ils ne tiennent jamais leurs promesses« , « cela ne sert à rien« .

Les dogmatiques du vote répondront alors à ces critiques en leur disant d’aller voter blanc. « Aaaah ! Parce que voter blanc, au moins, c’est voter » vous comprenez. Sauf que l’on vote pour s’exprimer, pour que notre opinion ait une certaine résonance. En votant pour quelqu’un ou pour une liste, notre vote apparait bien dans les pourcentages. En votant blanc, notre bulletin est un coup d’épée dans l’eau tandis que l’abstention, elle, est prise en compte. Pourquoi est-il si difficile de légiférer pour la prise en compte des votes blancs ? Ce serait déjà une première partie de la solution, la plus simple.

L’intérêt, la curiosité

L’autre pendant  du problème réside dans l’intérêt, ou plutôt le désintérêt, de plus en plus général pour la société. Nous nous intéressons de moins en moins aux choix politiques, sociaux, aux rôles que joue chacune de nos institutions. Nous lisons de moins en moins la presse. Pourtant, nous râlons, sans trop comprendre à qui nous devons nous en prendre. L’exemple qui me vient immédiatement à l’esprit est celui du referendum sur l’Europe en 2005. Je revois encore ces images de français défendant le « non » pour des raisons qui relevaient de responsabilités nationales et non européennes.

Alors, mesdames et messieurs qui souhaitaient tout autant que moi que l’abstention se réduise, cessez de faire des leçons d’histoire, retirez vos œillères et incitez plutôt les personnes qui vous entourent à s’informer, à s’intéresser à notre société, à faire preuve d’un peu plus de curiosité. Faites preuve de pédagogie pour essayer de montrer les différences entre les différents parties qui, si elles sont évidentes dans la théorie, le sont parfois beaucoup moins dans la pratique. Alors seulement, le vote ne sera plus seulement un droit, il sera devenu une démarche évidente.

  1. Notez au passage la magnifique antithèse « il faut » / « ce droit » qui montre le caractère bancal de l’argumentaire. []

Sa-alaires transparents

octobre22

« Voilà trois ans et demi que j’habite en Norvège et quelque chose me surprend toujours autant : que l’on puisse avoir accès aux revenus de chacun.

Vous avez envie de savoir ce qu’a gagné votre voisin de palier en 2008 ? Et bien c’est possible ! »

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Le cul-turellement acceptable

septembre30

Vous n’avez pas pu passer à côté de l’arrestation médiatisée du réalisateur Roman Polanski. Arrêté alors qu’il se rendait en Festival du cinéma en Suisse pour recevoir un prix pour sa carrière. Et là, une partie de la classe politique de s’émouvoir. Le site d’Europe 1 en indique trois. Le plus remarqué tout d’abord, Frédéric Mitterand :

Un prix aurait pu être remis au Ministre pour sa magnifique interprétation mélodramatique. « De la même manière qu’il y a une Amérique généreuse, il y a une Amérique qui fait peur« …

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Le travail passait déjà avant le social, il passe à présent avant la santé

mai27
Légende
Caricature de Rhodo http://blorg.canalblog.com/

On avait appris hier que Frédéric Lefebvre avait déposé un amendement (qui finalement a été rejeté) permettant à un salarié en congés maladie de pouvoir travailler à distance pour éviter une perte de salaire.

Rue89 rappelle que cet amendement était de toute façon inutile : « Car, pris au pied de la lettre, que propose cet amendement ? De travailler pendant un arrêt maladie. Il y est question de volontariat. Or d’ores et déjà, un salarié qui se voit délivrer un arrêt de travail pour une cause qui ne l’empêche pas de travailler, peut fort bien s’entendre avec son employeur pour continuer son activité. S’il le souhaite, bien sûr, car l’arrêt de travail l’en dispense a priori« .

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Antennes-relais / portables : traitements différents

mai26

Hier, le grenelle des ondes, aussi appelé table ronde «radiofréquences, santé, environnement», a accouché après plusieurs semaines de discussions de « Dix orientations retenues par le gouvernement suite à la table ronde » (document téléchargeable à partir de la page officielle du Ministère de la Santé et des Sports – lien direct).

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Du bouclier fiscal et du salaire maximum…

mai13

S’il y avait un seul point négatif de la politique du président qui devait être mis en avant par ses non-partisans, ce serait probablement le fameux bouclier fiscal. Une mesure que Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont bien du mal à défendre, prêts à user de stratagèmes plutôt douteux comme le montre Libération.

Le bouclier fiscal, j’en parlais il y a encore quelques mois. Ce qui m’interpelle, c’est cette cote de popularité du président qui était encore à 40% en avril1. 40%, bien au-dessus des personnes qui sont touchées (positivement) par le bouclier fiscal. Bien sûr, ce n’est pas la seule mesure du président mais elle est la plus symbolique.

Quand on voit que l’une des icônes du bouclier fiscal est Johnny Hallyday, qui a défendu cette mesure lors de la campagne présidentielle sans pour autant revenir en France, que ce même Johnny va bénéficier d’un concert le 14 juillet au Champ-de-Mars pour un revenu de l’ordre de 500 000 €2, j’éprouve un sentiment d’injustice. Toujours d’après Le Point.fr, « «Je suis d’accord de payer des impôts, mais il y a une limite», déclarait-il encore au début du mois au journal suisse Le Matin . «Avant, je versais plus de 70 %. Avec ce que j’ai payé dans ma vie, j’aurais pu faire vivre plusieurs familles pendant des générations.»« . Ce qu’oublie Johnny, c’est que nos impôts servent aussi à faire vivre des familles, parce qu’elles sont dans le besoin, parce qu’elles élèvent des enfants, parce qu’elles sont touchées par le handicap, par une maladie lourde. Bien sûr, on a souvent le sentiment que nos impôts ne sont pas utilisés comme on le souhaiterait, qu’ils ne vont pas vers ceux qui le méritent le plus. Mais est-ce mieux de laisser cet argent pour des peoples qui ne savent plus quoi en faire ?

Forcément, ce qui me vient alors à l’esprit c’est la notion de salaire maximum. On fixe bien un salaire minimum, pourquoi pas un maximum ? Après tout, les journées font toutes 24h et un seul homme, quelles que soient ses compétences, reste limité par cette contrainte temporelle dans les tâches qu’il peut gérer. L’idée n’est donc pas de dire que tout le monde devrait gagner le SMIC, loin de là. L’idée est de s’interroger sur comment une personne pourrait-elle justifier de gagner plus de 100 fois le SMIC ?

Je vous invite à lire cet article de Marianne2  à ce sujet. Peut-être changerez-vous d’avis. Dans ce cas, je vous invite à signer cette pétition très sérieuse.

  1. source : RMC []
  2. source : Le Point.fr – « Le coût de la manifestation est estimé à 1 million d’euros, dont la moitié environ devrait revenir au chanteur«  []

La communication politique du futur

mai5

… ou « quand la caricature flirte avec la réalité« .

« Dans un petit film parodique, la troupe des joyeux drilles d’Action discrète a tenté d’imaginer ce que pourrait devenir le quotidien de l’homme politique du futur » (source : Marianne2). Avant de consulter la vidéo en question et afin de bien la comprendre, il faut que je vous explique un procédé bien connu des webmasters.

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Il va être plus difficile de mettre du beurre dans ses épinards

avril25

L’Europe n’a pas la cote et certaines directives libérales ne sont pas là pour la faire remonter. La directive du Parlement européen du 5 septembre 20071 en est un parfait exemple. « Fixant les règles relatives aux quantités nominales des produits en préemballages« , elle est appliquée depuis le 11 avril dernier (pour les articles 2, 6 et 7). Mais de quoi s’agit-il concrètement ?

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  1. document aussi disponible sur le site web officiel. Version en ligne en français. []

Hadopi plus important que la loi sur l’inceste ?

avril14

En quelques jours, nous sommes passés du comique au pseudo-tragique. Dans un tout récent billet, je vous parlais de la loi Hadopi (portant sur le téléchargement illégal) qui avait été rejettée faute de députés UMP présents au moment du vote. Dans une interview pour Le Monde.fr, Roger Karoutchi, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, confie que « Jean-François Copé a proposé de renoncer au texte sur l’inceste qui était prévu dans la semaine d’initiative parlementaire, à partir du 28 avril. On pourrait donc y inscrire le texte Internet pour une nouvelle lecture« .

Un sens des priorités qui laisse perplexe lorsque l’on sait que la loi sur l’inceste viserait à « identifier, prévenir, détecter et lutter contre l’inceste sur les mineurs et à améliorer l’accompagnement médical et social des victimes »1.

D’après Rue89, ce changement de programme ne sera officiellement validé  que demain soir après la Conférence des présidents2 mais l’issue ne semble plus faire aucune doute : « Mais lorsque le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement et le président du groupe majoritaire sont déjà d’accord, la teneur du calendrier ne fait plus guère de doute« .

  1. source : Assemblée nationale []
  2. « Ce remplacement ne sera toutefois officiel que mercredi soir, à l’issue de la Conférence des présidents, qui détermine l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et du vote des députés sur ses conclusions le 28 avril« , source Rue89 []

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